02 février 2017

Bourse du travail de Bobigny

AVEC LA PARTICIPATION DE : CHRISTIAN BEN LAKHDAR *

En 2007, Christian Ben Lakhdar, économiste à l’Université de Lille, publiait une étude intitulée « Le trafic de cannabis en France : estimation des gains des dealers afin d’apprécier le potentiel de blanchiment ».

Cette étude économétrique objectivait le caractère pyramidal et inégalitaire du trafic de rue, les semi-grossistes gagnant entre 253 000 à 552 000 € par an, quand les petites mains du trafic ne pouvaient espérer guère mieux qu’un SMIC. Cette étude ouvrait des interrogations sur les motivations des petits dealers, la médiocrité des gains ne pouvant expliquer leurs prises de risques.

Dix ans après : le trafic de drogue a continué à prospérer, le nombre de consommateurs s’est accru et les dealers rivalisent d’imagination pour déjouer l’attention des forces de l’ordre (« shit drive », « pizza connexion » qui assurent des livraisons à domicile, etc.) ; tandis que l’uberisation de l’économie offre de nouvelles opportunités pour blanchir les gains. Aux USA, les États de Washington, du Colorado et de Californie ont légalisé le cannabis en mettant en avant les rentrées fiscales qu’occasionnerait cette consommation…

Qu’en est-il des gains du trafic de drogue en 2017 ? La condition des «sous-prolétaires» du trafic s’est-elle modifiée ?

Pour réfléchir et échanger sur ces questions, nous avons convié * Christian Ben Lakhdar qui est professeur des universités à l’Université Lille 2. Spécialiste de l’économie des addictions, ses
travaux concourent à une meilleure connaissance des conduites addictives, du fonctionnement des marchés illicites des stupéfiants et portent sur l’efficacité des politiques publiques visant à encadrer et contrôler ces conduites. Membre du Haut conseil de la santé publique et siégeant dans différents conseils scientifiques, il intervient aussi fréquemment sur les questions de prévention de la délinquance auprès des travailleurs sociaux.

 

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