LES USAGES PROBLEMATIQUES DE SUBSTANCES PSYCHOACTIVES

Les usages problématiques de substances psychoactives sont la source de nombreux dommages sanitaire, sociaux et légaux.
La MMPCR a récemment réinterrogé cette question au travers d’un partenariat avec l’OFDT afin de mieux évaluer l’incidence de ces consommations chez les jeunes parisiens et sequano-dyonisiens.

en savoir plus >

PRÉVENTION DE LA RADICALISATION

La MMPCR aborde la question de la radicalisation avec sa grille de lecture « conduite à risques » et dans une finalité de compréhension des processus graduels d’engagement dans cette conduite pour rechercher des stratégies qui préviennent les basculements dans la violence.

en savoir plus >

PREVENTION DES CYBER-MESUSAGES

Les technologies de l’information et de la communication sont le terreaux de nouvelles conduites à risques (usages abusifs des jeux vidéo, conduites déviantes sur les réseaux sociaux) et apparaissent comme des amplificateurs d’autres conduites à risques (cyber-prostitution, achat de drogues via le dark web, cyber-djihadisme…)

en savoir plus >

PREVENTION DE L’ENGAGEMENT DES JEUNES DANS LES TRAFICS

L’originalité de la démarche initiée par la MMPCR a été d’aborder la question de l’engagement des jeunes dans les trafics sous l’angle des conduites à risques, les « petites mains » relevant davantage de ce registre que d’une aspiration à la criminalité. Les plus jeunes disent en effet juste chercher par ce biais un peu d’argent ou se « défaucher », et n’envisagent pas de « faire carrière ».  Ils ne mesurent pas le plus souvent les conséquences tant judiciaires, pénales, qu’en termes de violences auxquelles ils s’exposent.

Revisiter le sens de ces activités illicites par le prisme des conduites à risques, accepter de décaler le regard sur ces comportements pour en appréhender sans tabou d’autres dimensions ont permis de les éclairer d’un jour nouveau et, de fait, d’aider les professionnels à dégager des alternatives en matière de prévention et de réduction des risques.

En effet, si cette conduite ne peut être réduite à de la délinquance, la réponse apportée ne peut se cantonner à la logique du tout-répressif. L’enjeu est alors de rechercher des alternatives : comment aider ces jeunes à accéder à des revenus,  comment les accompagner vers des activités valorisantes leur permettant de développer leurs compétences et leur créativité … Tout en contribuant à leur prise de conscience des risques et des impasses liés au trafic : en déconstruisant les « illusions du trafic » (argent « facile », sentiment de maîtrise) et en alertant sur les mécanismes d’emprise inhérents à cette activité (dette « symbolique » vis-à-vis du groupe, dette matérielle).

C’est à partir de 2005 que la problématique de l’engagement de jeunes dans les trafics a commencé de « remonter » du terrain, en particulier dans le Nord-est parisien et en Seine-Saint-Denis, à partir des témoignages et expériences des professionnels en contact avec les jeunes et leurs familles.

Un grand nombre de ces professionnels faisaient part non seulement d’interrogations face à ce phénomène … mais encore d’un « sentiment d’impuissance ». Pour tenter d’y répondre et rompre leur isolement,  la Ville de Paris et le Conseil général de la Seine-Saint-Denis ont proposé, via leurs Missions départementales (réunies en 2013 sous l’appellation de Mission métropolitaine de prévention des conduites à risques) d’entamer une démarche collective de travail avec l’appui de ses chargés de projets et de chercheurs.

L’objectif en était de favoriser l’expression sur ce sujet sensible, améliorer les connaissances et définir un cadre méthodologique d’intervention susceptible d’étayer les acteurs tant du soin, du social que de l’éducatif en contact avec les jeunes et les familles. Également d’identifier des leviers de prévention et de « sortie «  du trafic et, progressivement, de faire émerger une dynamique de réseaux pour pouvoir mettre en place des actions dans les territoires.

  • Parmi les outils pour agir face à la prévention de l’engagement des jeunes dans les trafics de drogues, un « guide référentiel » a été présenté lors d’un temps de rencontre et d’échanges, le 6 novembre 2018. Il était question de réfléchir à la prévention de l’engagement des jeunes dans les trafics de drogues et de coordonner des démarches locales et pluri-professionnelles adaptées à cette problématique en 10 repères.

TELECHARGER LE REFERENTIEL EN CLIQUANT SUR LE LIEN SUIVANT :

http://mmpcr.fr/wp-content/uploads/2018/11/Référentiel-trafic-MMPCR-Novembre-2018.pdf

 

 

 

 

 —- 

 

  • Partir de la parole des jeunes et des professionnels, recueillir des récits de vie de jeunes inscrits dans l’économie illégale (vols à la tire, braquages, deal…) ou de leurs proches ainsi que les discours de professionnels de proximité du champ éducatif et social afin de mieux saisir les modes d’entrée et de sortie des trafics se révélait indispensable pour commencer à imaginer des leviers pertinents de prévention. Ce fut donc l’objectif de l’enquête ethnographique confiée au Groupe de recherche sur la vulnérabilité sociale (GRVS) et intitulée « Processus d’inscription dans l’économie de la rue : quelles stratégies de prévention ? ». Cette étude a été menée en 2008 et 2009 par l’anthropologue Malika Amaouche dans les quartiers nord de Paris, à Saint-Denis, Saint-Ouen et Stains et a été publiée en 2010 :

Enquête ethnographique « Processus d’inscription dans l’économie de la rue : quelles stratégies de prévention ? » (GRVS, 2010) :

SYNTHESE

RAPPORT

  • Puis, soucieuses de poursuivre le travail engagé en vue de réduire les conduites à risques des jeunes inscrits dans les trafics de drogues et de desserrer l’emprise des réseaux, les deux Missions départementales ont mis en place deux groupes de travail pluriprofessionnels coanimés par des chercheurs en sciences sociales et ses chefs de projets. Dans le cadre de cette recherche-intervention, les acteurs de terrain ont pu croiser leurs regards et échanger leurs expériences. Au fil de cette réflexion collective, il se sont formés et ont enrichi les savoirs sur les logiques d’engagement des jeunes dans le deal et les dynamiques favorisant leur sortie. Une démarche riche qui, outre redonner du pouvoir d’agir aux acteurs, a permis de réinterroger les pratiques, de construire un cadre éthique d’intervention et d’identifier une palette de pistes novatrices de travail à expérimenter, depuis la prévention jusqu’à la réduction des risques en passant par le soutien aux familles.

Engagement des jeunes dans les trafics, quelle prévention ? Synthèse de la Recherche menée par Pascale Jamoulle et Pierre Roche, 2012 A lire

—– 

La démarche qui s’est ainsi inscrite dans la durée s’est articulée autour de trois premiers temps forts :

  • l’analyse de la problématique ;
  • la co-construction d’un cadre d’action et de pistes de prévention via un travail de recherche-intervention ;
  • l’établissement de diagnostics locaux au sein de groupes de travail interprofessionnels avec pour optique le lancement d’actions adaptées au terrain (étape qui continue à se développer).

Aujourd’hui, la démarche est entrée dans une quatrième phase, la MMPCR poursuivant son accompagnement dans une logique de formalisation, de transmission des savoirs acquis et de transfert de compétences. Elle entend, en effet, faire bénéficier d’autres équipes des apports théoriques et pratiques ainsi capitalisés et favoriser leur appropriation de la méthodologie développée.

C’est l’ensemble de cette démarche que retrace le document Prévention de l’engagement des jeunes dans les trafics – Une démarche réflexive et collective inscrite dans la durée : en s’appuyant également sur des témoignages de professionnels, de publics jeunes et la présentation d’actions mises en œuvre et d’outils réalisés … – A lire